Un grand merci à Konami pour l’opportunité de réaliser ce Test de Suikoden 2.
Préambule
Sorti initialement en 1998 au Japon et en 1999 en Occident sur PlayStation, Suikoden II est souvent considéré comme l’un des meilleurs RPG de son époque, voire de tous les temps. Après des années d’attente, il revient en 2025 dans la compilation Suikoden I & II HD Remaster: Gate Rune and Dunan Unification Wars, offrant aux joueurs une version remise au goût du jour, bien que restant fidèle à l’original.
Si Suikoden posait des bases solides, Suikoden II les sublime en proposant un scénario encore plus prenant, des personnages plus marquants et des mécaniques de jeu affinées. Mais ce remaster fait-il honneur au jeu culte ?
Une question légitime que vous pourriez vous poser : « Dois-je avoir joué au premier avant de faire le second ? » Je serais tenté de vous dire évidemment que oui ! Mais honnêtement, pour l’avoir fait à l’époque, je n’ai pas ressenti de réelle incompréhension. Même si l’avoir fait est un plus, vous verrez cela plus bas dans le test.

Gameplay
Suikoden II conserve les bases solides établies par son prédécesseur et s’articule toujours autour de trois piliers fondamentaux du gameplay.
Des combats au tour par tour efficaces et stratégiques
Comme dans le premier opus, les affrontements se déroulent au tour par tour, avec une équipe pouvant accueillir jusqu’à six personnages, répartis sur deux lignes :
– Première ligne : idéale pour les combattants au corps-à-corps ou de moyenne portée.
– Seconde ligne : réservée aux attaquants longue portée ou à moyenne distance, bénéficiant d’une protection supplémentaire.
Les attaques combinées, appelées “Unions”, sont toujours présentes et apportent un vrai plus stratégique. Deux personnages ayant une forte affinité pourront exécuter une attaque groupée bien plus puissante qu’une simple attaque de base, encourageant une réflexion sur la composition de l’équipe.

Des batailles stratégiques repensées
Les batailles de grande envergure font leur retour, mais avec une approche bien plus réfléchie que dans le premier opus. Exit le système Pierre-Feuille-Ciseaux trop simpliste : ici, les affrontements adoptent une dimension tactique inspirée de jeux comme Front Mission ou Fire Emblem.
Vous déplacez vos troupes directement sur une carte et devez prendre en compte les forces et faiblesses de chaque unité pour mener vos soldats à la victoire. Cette refonte apporte une véritable profondeur stratégique, rendant ces batailles bien plus stimulantes que dans le premier Suikoden, où elles étaient souvent trop faciles.

Des duels toujours aussi classiques
Contrairement aux batailles stratégiques, les duels n’ont pas bénéficié de grandes améliorations. Ils reposent toujours sur le système Pierre-Feuille-Ciseaux, sans réelle évolution par rapport au premier jeu. Toutefois, ils sont plus fréquents, ce qui les rend un peu plus marquants dans le déroulement de l’histoire.

Une gestion de l’inventaire enfin améliorée
L’un des gros points noirs du premier Suikoden était sans conteste sa gestion de l’inventaire laborieuse. Heureusement, Suikoden II corrige le tir avec un système bien plus intuitif et pratique.
Vous disposez désormais d’un sac général, où vous pouvez stocker tous les objets dont vos personnages n’ont pas besoin, évitant ainsi les allers-retours incessants entre les menus. De plus, une option vous permet de choisir automatiquement le meilleur équipement disponible pour chaque personnage d’une simple pression de bouton, rendant la gestion de l’équipement beaucoup plus fluide.
Dommage cependant que ce remaster n’ait pas profité de l’occasion pour apporter ces améliorations au premier opus, qui en aurait bien eu besoin…
Graphisme
Suikoden 2 HD Remaster conserve le charme rétro de l’original tout en lui offrant un léger coup de polish. Les sprites en pixel art, déjà très réussis à l’époque, bénéficient ici d’une meilleure lisibilité grâce à une résolution plus élevée et à des couleurs plus nettes. Les environnements, qu’il s’agisse des villages pittoresques, des forêts luxuriantes ou des champs de bataille, sont sublimés par des arrière-plans retravaillés, sans pour autant trahir l’esthétique d’origine.
On notera également l’amélioration des effets de lumière et des sorts en combat, rendant les affrontements plus dynamiques. Toutefois, les animations restent fidèles au jeu de 1998, ce qui peut sembler un peu rigide pour les nouveaux joueurs. Un compromis qui respecte l’héritage du titre tout en lui offrant une seconde jeunesse.

Bande Sonore
Composée par Miki Higashino, la bande-son de Suikoden II est un chef-d’œuvre en soi. S’inspirant une nouvelle fois de la musique chinoise et médiévale, elle alterne entre mélodies mélancoliques et morceaux épiques qui renforcent l’intensité des moments clés.
Les thèmes comme Reminiscence, The Chase ou encore Gothic Neclord sont restés gravés dans la mémoire des joueurs et participent à l’atmosphère unique du jeu.
Comme dans le premier Suikoden (bien que cette option soit en réalité accessible depuis l’écran titre et donc valable pour les deux jeux), un jukebox est disponible. Celui-ci permet d’écouter ou réécouter les magnifiques compositions du jeu à tout moment.
Un ajout appréciable qui permet de profiter pleinement de la bande-son mémorable de Suikoden II, sans avoir à relancer une partie.

L’histoire
L’intrigue de Suikoden II se déroule trois ans après les événements du premier opus, dans la région de Dunan, au nord de l’Empire de la Lune Écarlate. On y suit un jeune soldat (que je nomme Arlus) et son ami d’enfance Jowy, membres d’une brigade de l’armée de Highland. Après avoir été trahis par leur propre pays et avoir assisté à un massacre orchestré par le prince Luca Blight, ils sont contraints de fuir et prennent des chemins opposés dans une guerre qui les dépassent.
L’histoire brille par son écriture mature et nuancée, avec des moments forts en émotions et des personnages inoubliables. Luca Blight, antagoniste charismatique et impitoyable, est sans doute l’un des méchants les plus marquants du genre. De plus, la relation entre le héros, Jowy et Nanami (la sœur adoptive du protagoniste) est au cœur du récit et évolue de manière poignante tout au long du jeu.

Comme dans le premier opus, vous devrez recruter 108 personnages (les 108 Étoiles du Destin), chacun ayant son rôle dans votre armée et influençant la tournure des événements. Certains choix auront un impact direct sur l’histoire, et obtenir tous les personnages déverrouille une fin alternative.
Une suite accessible, même sans avoir joué au premier opus
Comme mentionné dans le préambule, Suikoden II, bien qu’étant la suite directe des événements du premier jeu, ne nécessite pas absolument d’avoir joué à son prédécesseur.
Évidemment, vous reconnaîtrez certains personnages, et avoir terminé le premier Suikoden vous permettra de mieux comprendre certains enjeux narratifs et références. Mais rassurez-vous, même sans ce bagage, l’histoire reste parfaitement compréhensible et appréciable.
De toute façon, la question ne se pose pas vraiment puisque le remaster est vendu en bundle avec les deux jeux. L’idéal reste donc de découvrir la saga dans l’ordre, mais si vous souhaitez directement plonger dans Suikoden II, vous ne serez pas perdu pour autant.
