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INTERVIEW | ROMUALD DE ADIPSON STUDIO

Bonjour à tous, aujourd’hui, nous recevons Romuald de Adipson Studio. Une personne très sympathique.

Le principe même du jeu vidéo est de détendre et divertir. Il est aussi d’unir parfois certaines communautés autour de cette même passion. Mais le jeu vidéo que l’on a connu dans les années 80, aux prémices des 1ères consoles et des tout premiers ordinateurs familiaux, associés aux bornes d’arcades, n’a plus rien à voir avec ce que l’on retrouve actuellement sur le marché. Fort heureusement d’ailleurs, puisqu’il a évolué avec les nouvelles technologies…
Mais il s’est aussi très vite perdu pour se transformer en un nouveau genre de loisirs…celui de ne plus jouer vraiment pour le plaisir, mais plutôt pour se défouler ou se décharger d’une certaine tension que l’on éprouve de plus en plus au fil du temps, au fil de cette vie qui devient de plus en plus difficile sur la planète en général.

On ne retrouve pas du tout la même mentalité, je trouve, chez les joueurs de maintenant. On ne respecte plus les développeurs ou les maisons d’édition, car on est submergé par les offres de jeux, alors qu’à une époque, il fallait attendre parfois 3 mois pour voir sortir juste un seul jeu sur son Commodore 64 ou son Amstrad 6128… un jeu qui tenait sur 1 ou 3 disquettes de 1,40 méga chacune pour 15 à 20 minutes de jeu…
Va filer ça à un jeune gamer de maintenant…et filme-le au moment de lancer le jeu…Ça devrait avoir du succès sur TikTok…

Il y a tellement de choix qu’on arrive à trouver des scandales de partout, où parfois il n’y a pas besoin d’être. Mais de l’autre côté de la machine, il y a aussi de grosses firmes qui ne sont plus là que pour balancer du jeu…juste pour faire du gros cash…
C’est une question qui demande une réponse que je ne peux pas développer entièrement sans faire un roman, du coup je résumerai par…le jeu vidéo évolue en même temps que les générations…et de ce que j’en vois…ce n’est pas vraiment la bienveillance et le partage qui deviennent prioritaires…

J’aimerais te dire que je viens d’ouvrir la fenêtre de chez moi et que j’étais à deux doigts de sauter, après avoir relu ma théorie ci-dessus au sujet de ma vision du jeu vidéo de maintenant.

Mais fort heureusement je suis en rez-de-jardin et je ne me serais pas fait grand mal.

On va dire que je suis en meilleure forme qu’il y a quelques semaines, suite à des déceptions liées à un constat déprimant sur le marché du jeu vidéo indépendant en France, et que j’espère que je vais aujourd’hui moins bien que demain.

Je m’appelle Romuald Serrado, j’ai 50 ans depuis 2 mois.
Je viens de recevoir ce matin mon premier prospectus pour une invitation à un dépistage du colon et ne suis pas très chaud pour me faire trifouiller le culcul…d’ailleurs ça fait 20 ans que je dis que personne ne passera par là et j’ai bien l’intention de ne pas céder.

Sinon pour le reste, je vis sur Hyères, dans le Var, dans un petit village de pêcheur qui est devenu en l’espace de 3 ans la plaque tournante du trafic de shit et coco de la région et j’essaie de travailler correctement sur mon ordinateur en fermant la fenêtre dès que je commence à sentir l’odeur du chichon arriver de l’extérieur pour essayer de me soudoyer.

Mon plus grand souvenir remonte à mes 5-6 ans avec le jeu vidéo Pong.
Puis j’ai eu un Atari 2600 quelques années plus tard. Mon père était ingénieur informaticien chez IBM et Bull fin des années 70 et début des années 80…ça aidait pour être immergé très tôt dans l’informatique.

Alors j’ai commencé en 1984. J’avais 12-13 ans et mon père m’avait ramené un Commodore 64. J’ai très vite pris mes marques dessus, commencé à m’intéresser au Basic et aux premiers jeux qui débarquaient sur ce nouvel ordinateur familial qui venait de sortir 2 ans avant que j’en aie un entre les mains.
J’ai ensuite dévoré chaque mois des magazines comme Tilt et Hebdogiciel pour entrer mes premières lignes de code en Basic…et développer ensuite mes premiers jeux.

Mais la vie m’a dérouté ensuite vers d’autres domaines et j’ai laissé tomber l’informatique pour me diriger vers des études artisanales, qui correspondaient mieux à ma fibre artistique.
Mais je restais un pied dans l’univers de l’informatique en évoluant plusieurs années sur un Atari ST (520 puis 1040 ste).

Même si je m’amusais parfois avec le logiciel STOS basic à l’époque, je privilégiais quand même beaucoup plus l’aspect ludique de la machine et jouait énormément aux jeux.
Avec une préférence pour les jeux point and click de la saga Delphine Software par exemple…

En fait, j’ai découvert en 2012 un logiciel spécialisé pour le développement de jeux point and click. Adventure Game Studio (AGS).
Quand j’ai fouiné un peu dans le moteur, tous mes souvenirs d’anciens jeux que j’avais créé 30 ans auparavant sur mon c64 et Atari 1040 STE me sont revenus dans la tronche.

J’ai compilé ces souvenirs de jeux en un scénario unique, commencé à avoir la genèse d’un jeu et me suis lancé dans l’apprentissage en autonome sur ce logiciel, que je n’ai plus quitté depuis, 10 ans après et malgré ses contraintes et restrictions par exemple pour un portage sur consoles très complexe si on ne connaît pas vraiment le cœur du logiciel et qu’on a pas ses entrées chez les grandes firmes comme Microsoft Xbox, Playstation etc

Adipson est une entreprise que j’ai créée en 2002.Spécialisée à l’époque dans la création de mascottes cartoon 2D pour entreprises (car je réalisais énormément de BD amateurs entre 8 et 17 ans, vraiment à titre perso)
D’ailleurs on sent mon influence de dessinateur dans mes personnages, comme Grandma ou les 3 Geeks, héros de mes jeux indés.
Un peu de Uderzo, de Hergé, de Lampil et de Edika.
Je gérais également en parallèle le 1er site d’interviews des webmasters du nom de Tisse la Toile.

J’ai ensuite, après plus de 800 mascottes réalisées pour mes clients jusqu’à 2012, dirigé mes services vers la conception de site Web en html puis de thèmes pour les WordPress. En parallèle de tout ça, de 2002 à 2012, j’avais également, toujours sous l’estampillage de Adipson, été graphiste spécialisé dans le secteur des sites pour Adultes (designs de sites, d’outils promo comme les logos, bannières GIF etc.) 

De 2012 à aujourd’hui, je suis rédacteur SEO (spécialisé sur Google) pour des clients privés.

En 2019, lorsque j’ai terminé mon jeu 3 Geeks sur AGS, j’ai décidé de le mettre sur Steam.
Tout naturellement, j’ai décomposé alors mon entreprise en Adipson pour la rédaction et Adipson Studio pour le secteur de développement de jeux indé.

Mon premier jeu est 3 Geeks, donc réalisé sur 7 ans en apprentissage parallèle du logiciel/moteur AGS. Le fameux mixe de tous les jeux que j’avais faits sur C64 et Atari, regroupés en un seul après 40 ans.

Mais si je raconte tout ce qui est à l’origine de ce jeu et son évolution, dans 3 jours vous êtes encore en train de me lire. Si tu me le permets, j’invite ceux qui s’intéresseraient à ce jeu de toute une vie, de plutôt lire tous les articles dédiés au jeu sur mon site de studio : https://adipson-studio.com/index.php/category/3-geeks/

Déjà, niveau actualité le jeu est au top puisque La Vision d’un Gamer est un des premiers et des seuls à avoir publié un test du jeu Grandma Badass depuis sa sortie en 2022.
Les tests sont si rares que quelqu’un qui cherche à lire une revue tombera forcément sur la tienne. Bravo du coup d’être déjà plus intelligent que la moyenne des autres journalistes de presses spécialisés dans le jeu vidéo, pire même…que les journalistes français soi-disant numéro 1 des jeux indés qui zappent les projets de jeux de compatriotes pour des raisons occultes et certainement intéressées…(No No No…je ne dirais pas de noms) 🙂 

Je n’ai absolument pas le temps d’avoir de passion. Je suis toujours sur des projets que je monte, démonte, remonte, redémonte comme une tente de camping ; et passe donc la plupart de mon temps devant l’ordi.
Il ne faut pas oublier que je suis sur 2 secteurs professionnels en même temps : la rédaction SEO, le développement de jeux, que je commence à remplacer par un autre projet de gestion de site internet informatif autour de l’univers du jeu vidéo indépendant…
J’ai subi censure, ignorance, irrespect et me suis rendu compte que je n’étais pas forcément le seul développeur indé français qui subissait ce mouvement pro AAA…
Donc, je lance depuis cette semaine un site Web, complémentaire d’ailleurs à LCDG, puisqu’ orienté vers les hommes de l’ombre,les développeurs de jeux indés. 

Pile à un moment où la presse subit une crise et pendant laquelle la plupart des sites de jeux ferment…moi j’arrive…mais je fais ça surtout pour mettre en avant les petits développeurs comme moi, et emmerder les incompétents de la presse qui se croient supérieurs en choisissant qui sera publié ou pas selon les petites enveloppes qu’ils touchent ou en échange de 5 euros qu’ils reçoivent de studios tous les mois sur un compte Tipeee.

Ce n’est pas à but lucratif, mais bel et bien dans un premier temps pour soutenir et aider comme je peux les petits développeurs (surtout français) et pour montrer aux autres que des entrepreneurs français sont capables de proposer de jolies choses et ont le droit d’être publiés autant que des indés plus généreux en des dotations ou des éditeurs qui brassent des millions d’euros et qui continuent à se faire estampiller indé…

Sinon, je prends des pauses en passant d’un écran PC de mon taf sur un écran LED pour regarder tout ce que je peux sur Netflix. Je suis un très gros consommateur de séries. J’essaie d’en mater le plus possible et j’ai un beau palmarès. Au passage…merci la série TLOU qui passe devant Walking Dead pour moi…et ce n’était pas évident de le faire…

Je ne joue pas vraiment aux jeux, faute de temps tu l’auras compris, mais je surveille de près le jeu Goldorak de Microids. Je suis curieux de voir ce que cet éditeur (de cœur pour moi puisque j’ai grandi avec eux depuis leurs premiers jeux à l’ère du jurassique).

J’ai une Xbox one, je n’ai pas réussi à me procurer la series X et je ne le regrette pas du coup.
Ma première console a été la PS1, mais je me suis ensuite tourné fidèlement à Xbox avec chaque modèle qui est sorti.

J’ai joué plusieurs années en réseau sur Destiny et Destiny 2 et apprécié le travail de Bungie Studio. J’ai aussi joué ensuite un paquet d’années à Warzone (COD) et, comme je le disais plus haut, j’ai une tendresse particulière pour Microids, même si parfois les choix de leurs jeux (surtout côté licences) peuvent paraître un peu hasardeux.
Koh lantha, Fort Boyard…J’attends de voir Goldorak et suis content de voir quand même des licences de BD survivre grâce à eux (Asterix etc)

D’ailleurs je suis plutôt hypé par leur récente annonce de sortie prochaine du jeu fourmis, un jeu basé sur mon livre préféré de Bernard Werber.

Je gravite autour de nombreux Streameurs auprès desquels je me suis vraiment attaché au fil du temps, malgré mon tempérament plutôt solitaire et râleur. (la communauté Caroju par exemple pour ceux qui connaissent…)

Mais j’ai aussi vécu leurs remises en question, leurs déceptions, leur questionnement.
Le monde du stream est très dur. Il y a de plus en plus de concurrence pour de moins en moins d’élus. Je constate que certains streameurs font un travail colossal pour des retombées parfois pas très motivantes.
Je ne peux que les comprendre puisque je suis, en tant que petit dév indé dans mon coin, exactement dans le même cas de figure.
On taffe énormément pour des retours qui ne sont pas vraiment justes selon nous, et on n’y peut rien.
Je ne suis pas spécialisé dans le stream, mais je dirais que le secret c’est de se démarquer des autres par un petit plus, et surtout ne pas être impatient.
Mais c’est tellement facile à dire. Surtout lorsqu’on vit essentiellement de ça.
Donc, je conseillerai à quelqu’un qui se lance dans le stream ou le dev de jeux…de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. D’avoir une seconde activité de secours à côté pour payer les factures…

Si j’avais opté pour faire que du développement et que j’avais abandonné mon secteur de rédaction Seo…je serai peut-être sous un pont en train de dormir dans un gros carton xxl là…
Sinon, je pense aussi qu’il peut-être intéressant pour un projet, de passer par le système de financement participatif, comme Kickstarter pour s’assurer un peu plus de sécurité pour un projet qui va demander du temps.

Bien sûr !
Comme je l’ai indiqué, je suis très attaché à une communauté particulière et chacun des streameur à sa spécialisation particulière.
Je parle de la commu CaroJu.

Mais le tout premier qui m’a fait connaître le reste de la bande est le super Captain Hishiro ! Un jour j’ai vu un tweet avec une image du Captain qui s’était grisé en Grandma et qui annonçait faire un test de l’épisode 1 en mai 2021 (en l’ayant acheté en plus…alors que 70 % des joueurs l’avaient eue gratos en fait, suite à un élan un peu trop, enthousiasme en termes de générosité de ma part à l’époque)

J’ai participé à son live du coup et je ne l’ai plus quitté. Il fait tous les jeux que les autres ne font pas (la preuve pour grandma d’ailleurs à cette époque) et j’ai adhéré totalement à son univers et surtout à la personne. Au point que dans l’épisode 2 je l’ai même mis dans le jeu et lui avait fait une version spéciale surprise dans le jeu où il avait un gâteau d’anniversaire qui, lorsqu’il a cliqué dessus, a déclenché un chant de Grandma Badass.

Ce passage est collector et vous pouvez même le revoir sur une page totalement dédiée à ce moment sur mon site pro : https://adipson-studio.com/index.php/2022/07/24/un-lets-play-riche-en-emotions-de-lepisode-2-de-mamie-par-captain-hishiro/

J’ai ensuite découvert les autres streameurs et c’est même lui qui m’a fait connaître la chaîne de Julien Chièze et de Carole Quintaine.
Je sais qu’ils ont beaucoup de détracteurs, mais c’est justement parce qu’ils ont du succès qu’ils attirent parfois des comportements extrêmes que je juge vraiment puérils.

Julien Chièze est un journaliste. Point barre. À chaque fois que je veux une info, il est le premier dessus et la présente avec une structure professionnelle de journaliste.
Après qu’il ait ses opinions ou des avis tranchés, ou des préférences de studios ou de marques, c’est légitime. Ceux qui ne sont pas contents n’ont qu’à ne pas le regarder. Mais on vit à une époque complètement dingue. Une époque où des personnes, sous couvert d’anonymat, ne respectent plus rien, crachent, vocifèrent, mais continuent quand même à regarder.

Ça ne m’étonnerait même pas que certains haters qui crachent sur ces streameurs, par derrière, lâchent un pouce bleu sous le vidéo…:D
Ensuite j’ai appris à connaître tous ceux qui gravitent autour de la communauté qui se qualifie à juste titre bienveillante, proposant des lives agréables, sans prises de têtes.

Ils sont nombreux, mais je suis souvent chez Landroch sur Youtube, qui vient de faire un live par exemple avec moi sur Grandma hier soir et que j’ai initié en quelques sortes aux jeux point and click…

Et je vais souvent faire un coucou à CapabilityGames, une des premières fans de Grandma Badass et une des premières à avoir fait un live dessus, dès la sortie de l’épisode 1.

Je crois que j’en ai déjà trop dit. Heureusement qu’on est plus dans un magazine de presse papier sinon là tout le budget encre du magazine passait dans cette interview.

Et bien je suis très actif sur Twitter (quand je parle d’actif, c’est que je suis en fait cloué dessus de 6h du mat à 19h) : https://twitter.com/AdipsonStudio

Je suis souvent présent également sur Steam pour discuter de mes jeux avec les joueurs : https://steamcommunity.com/id/adipson/

Lorsque j’ai des actualités sur le développement de mes jeux il y a le site internet officiel Adipson Studio : https://adipson-studio.com/

Et cette semaine je lance un site internet spécialisé dans l’univers underground du jeu indé et de soutien aux développeurs indépendants (actu sorties jeux indé, itw,articles) sur https://darksideofthegame.com/

J’aurai bien mis mon compte meetic ou badoo aussi, mais je n’ai pas le temps de faire des rencontres alors je reste tranquille à travailler comme un forcené sur tous mes projets, sous contrôle de mon chat qui m’asservit année après année…

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